Véronique et Pierre Ponette et tous les artistes de la galerie vous souhaitent ainsi qu’à vos proches une bonne et joyeuse année 2015. Nous nous réjouissons de vous revoir nombreux à l’occasion des diverses expositions planifiées tout au long de cette nouvelle année.


Editorial

L’Art du Portrait

En ce début de 21ième siècle, force est de constater que l’individualisme est à son paroxysme. La société érige en star l’individu au profit du groupe et les mœurs évoluent. L’entrée dans l’ère de la consommation, d’un monde imaginal, pousse à se consacrer aux apparences. Le rapport au corps, à la beauté, au sexe, à la vieillesse, aux interactions sociales, aux valeurs et aux devoirs des individus se redéfinit. Chacun veut une personnalité, sortir du lot. Dans ce monde du tout esthétique où tout se conjugue au substantif, est-il étonnant que les artistes persistent à essayer de représenter le « soi » ou « l’autrui »? De capter les caractéristiques – vaines ou exceptionnelles – qui distinguent l’individu.

Ne voulant se substituer aux experts, sociologues ou historiens d’Art, la Galerie propose, à travers cet éditorial et l’exposition « L’Art du Portrait » qu’elle y consacre, de redécouvrir ses portraitistes contemporains. Du simple aspect esthétique à l’analyse plus psychologique de leurs personnages, l’ensemble de ces artistes consacrent leur œuvres à relier l’enveloppe corporelle au monde intérieur plus mystérieux, et ainsi à percer le « Je », voire, pour certains, de mieux comprendre le rôle plus universel de l’homme dans nos sociétés et à travers les ères.

La diversité de portraits présentés à la galerie Art du Temps permet de parcourir une variété de créations, de techniques et de styles. Certains auront une approche plus classique (Yamanobe), réaliste (Mateu), suggestive (Chapko), hyper-réaliste (Recacha), poétique (Muller), sociétale et religieuse (Adnet), ou encore imaginaire et passionnelle (Giraldez). D’autres ont un style plus expressionniste (Labégorre), figuratif (Dauptain – métamorphoses de l’être), déconstructif (Picciotto), fantastique et narratif (Littot), ou encore, satirique et humoristique (Trez) ou suggestif (Wert). Enfin l’ambition de certains va au-delà même du portrait. Leur but est de travailler à travers l’individu le thème de l’enfermement et de la fragilité (Daumain), la cécité de notre société (Labégorre), la construction (in)consciente de l’humain à travers le temps (Marlat), ou, la confrontation des civilisations à la dureté de notre milieu (Blanc).

La sculpture n’échappe elle pas non plus au portrait – cette fois en trois dimensions. De Justamon à Lange et Guillaume, les matériaux lisses ou rugueux et le modelage participent à déchiffrer les secrets de l’âme.
Le nombre de variations sur ce seul sujet nous permettra de conclure que la diversité des techniques et approches, elles-mêmes issues des différentes personnalités de chaque artiste fait l’intérêt et la beauté de cette exposition…
Exposition « L’Art du Portrait » – à voir du 8 Janvier 2015 au 8 Février 2015 à la Galerie Art du Temps.



Exposition Février – Mars 2015 February

Anne-Douce Marlat

L’oeuvre d’Anne-Douce Marlat est unique. Hors des courants traditionnels, son univers est sobre, soigné et efficace, d’une sensualité trouble. Marlat est énigmatique, fascinante, envoûtante, au point d’en devenir mystérieuse. Son œuvre est un jardin où poussent des chardons, des roses, des pavots…, un jardin secret, inviolable ou règne le silence.

Ses portraits sont des images de personnages forts, réalisés de façon très précise comme pour mieux délimiter le conscient de l’inconscient, des lignes trop douloureusement exactes cachant néanmoins une immense vulnérabilité. A travers ses plantes et portraits, Marlat partage comme des songes romantiques et des confidences. Nul besoin de chimères, de couleurs vives ; sur des fonds sobres, les ocres et or font croire aux spectateurs que le bonheur est là.


Claude Justamon

L’œuvre de Justamon renvoie à une plénitude, à un fragile équilibre entre intériorité et extériorité. Ses personnages, ni homme ni femme, ni caucasien, africain ou asiatique, lévitent dans un univers qui fait fi de toutes tensions ou même de volontés. Conséquent à leur voyage propre ils sont en état de lucidité, de clairvoyance – délivrés. Ils touchent notre esprit et nous invitent à mieux appréhender la mesure et la signification de notre propre identité…. À être pleinement nous-mêmes en identification ontologique avec le monde qui nous entoure.
« …. dans l’air maintenant rafraîchit par le soir, [écrit Camus dans l’Envers et l’Endroit], l’esprit s’y calmait, le corps détendu goûtait le silence intérieur…. J’étais repu… J’avais au cœur une joie étrange, celle la même qui naît d’une conscience tranquille. J’avais fait mon métier d’homme et d’avoir connu la joie tout un long jour ne me semblait pas une réussite exceptionnelle, mais l’accomplissement ému d’une condition qui, en certaines circonstances, nous fait d’être heureux. Nous retrouvons alors une solitude mais dans la satisfaction. »