Editorial

La créativité des artistes trouve souvent ses racines dans les expériences de la vie réelle. Ils intériorisent leur vécu, les événements qui les entourent de loin ou de près, ce qui les anime ou ce qui les déstabilise. L’art est pour eux le moyen d’exprimer et de communiquer ce qu’ils ressentent dans un style et un genre qui leur est propre et générer ainsi une émotion auprès du lecteur.

La communauté scientifique s’inspire directement de ce cheminement afin d’accompagner les patients et de les aider à mieux comprendre leurs émotions.

L’expression artistique et le processus créatif semblent, en effet, permettre une connexion corps-esprit, accroître le bien-être psychologique et, par conséquent, améliorer la santé physique. En sus de la médecine traditionnelle, la thérapie par l’art permet une meilleure compréhension de l’interaction des hémisphères droit et gauche (émotionnel – rationnel) du cerveau et de lier entre eux de nombreux éléments du monde réel captés mais non digérés par les patients.

La concentration, le rapport à l’art ou plus directement l’expression à travers le jeu des couleurs et matières leur permet, en outre, d’appréhender des situations de souffrance, tels la perte ou la séparation, les expériences traumatiques, les accidents, l’hyper-activité, ou des handicaps d’ordres physiques/émotionnels/d’apprentissage ou comportementaux. Le voyage artistique, qu’il soit passif (l’appréciation d’une œuvre) ou actif (la création d’une œuvre) crée un moment de calme, une espèce de transcendance qui accroît l’attention des patients, leur permet une meilleure appréhension du « soi », d’équilibrer leurs émotions et leurs forces de caractères.

Que ces thérapies par l’art permettent d’insérer les individus en souffrance, de les faire participer à la création (qui s’en retrouve elle-même plus riche, plus variée, plus colorée et plurielle), de permettre aux patients d’y trouver un moment d’apaisement ne peut que réjouir une galerie qui, de façon très humble, propose elle aussi une évasion, un recueil sur soi à travers des expositions temporaires.

C. Ponette


Laurent Dauptain

Laurent Dauptain réinvente le figuratif contemporain. Une approche très personnelle le libère des conventions et c’est à travers de larges touches de couleurs superposées (à base d’acrylique et travail à l’huile) qu’il passe outre la mimésis pour explorer l’effet psychologique. Le visiteur ressent une émotion intense tant la réalité, ici plus sombre, là plus joyeuse ressort des visages ou paysages urbains. Sans concessions, le silence plane dans de grands boulevards vides. Sur les visages, de larges coups de pinceaux accentuent l’espace temps, l’effet du temps qui se fait sentir. Des zooms-avant mettent en exergue l’imperfection et la transformation physique. En flouttant certaines parties, Dauptain exprime de façon très moderne l’émotion qui transcende l’aspect purement physique.


Annick Kress

Kress a fait ses études de peinture au Centre Américain et aux Ateliers des Beaux-Arts de Paris. Elle observe à travers son travail nombre de personages, d’animaux, de paysages et de situations….tant de coupures d’un monde qui l’entoure et dont elle s’inspire pour retranscrire sur la toile un univers fantasque et optimiste. Kress est une représentante remarquée de « l’Art Brut », Mais un art brut tout à fait charmant: ces compositions peuvent sembler enfantines mais Kress compose son travail de façon tout à fait harmonieuse à partir de dessins libres et de pigments joyeux. Utilisant toutes les techniques à sa disposition: collages, pastels, encres, son univers coloré nous permet, de rever, de retomber de facon inconsciente dans le monde de l’ enfance… peut-etre aussi afin de mieux apprivoiser celui qui nous entoure.